Impossible de se projeter plus de 2/3 ans car la politique globale n'est pas à la rétention des salariés... Et derrière une fausse préoccupation RH, rien n'est fait pour résoudre ce problème alors qu'il dure depuis des années ! J'ai croisé des anciens Nielsen qui ont travaillé comme consultant il y a 10/20 ans et leur diagnostic est étrangement similaire.
1°) Le salaire. Plutôt performant à l'embauche en sortant d'école (38K à mon époque, 35 bientôt avec leur réorganisation...) les évolutions de salaire sont quasi inexistantes. En 3/4 ans chez les consultants juniors, rares sont ceux qui prennent plus de 2K. Ajoutez à cette frustration le taux de charge totalement dément (il faut retirer quasi 30% entre le brut et le net contre 23% pour la moyenne des cadres en France) qu'on ne nous précise pas à l'embauche...et vous comprendrez que vous ne venez décidément pas chez Nielsen pour y faire carrière. A moins d'aimer travailler pour la gloire et de ne faire que peu de considérations de l'aspect financier.
2°) Cela rejoint le précédent point sur le salaire mais Nielsen est la seule boite à ma connaissance qui ne semble pas juger bon d'attribuer une part variable dans la rémunération chez les commerciaux. Résultats : vous vendez, parfois des études très coûteuses...et vous n'avez aucun incentive dessus. Super motivant... Mais où va donc l'argent ? Car attention Nielsen est très rentable !
3°) Ni intéressement ni participation. Idem avec le point précédent, on est contents de voir que la boîte se porte bien, connait une belle croissance...et on regrette de ne rien toucher sur les bénéfices.
4°) Les locaux ET la localisation géographique : un sujet ENFIN en passe d’être traité car un déménagement est dans le pipe pour début d’année 2019. Ce qui prouve que les employés peuvent être finalement entendus. Les locaux actuels sont vétustes, vieillissants et certaines parties tombent même en ruine. A ce sujet, la rengaine chez Nielsen (jugez-vous-même du ridicule) c’est de dire « non mais comprenez, on se fait de la maille sur le dos des clients – il faut que lorsqu’ils viennent chez nous (ie pour des formations panels ou logiciels), ces gens ne trouvent pas que notre cadre de vie soit trop indécent…autrement ils seraient tentés de penser que nous sommes trop grassement payés ». Bon, de là à travailler dans ces conditions il y a encore un monde. Même constat pour la localisation : Cergy c’est à la limite de la Picardie, au bout du bout du RER A sur une branche qui est plus souvent défectueuse qu’en bon état de marche. Résultat, des heures perdues dans les transports, une forte irritabilité au quotidien et un ras-le-bol général. Je ne vais pas m’étendre sur la ville de Cergy qui est d’une laideur sans commune mesure (pour la partie Cergy Pref en tout cas) avec une population que vous ne trouverez nulle part ailleurs et dans laquelle vous ne vous sentirez jamais en grande sécurité bon courage en tant que femme pour rentrer chez vous de Cergy en RER A vers 20 ou 21h pour peu que vous vous soyez fait une petite nocturne.
5°) La charge de travail : très disparate entre les consultants (personne ne comprend comment la répartition a été faite), certains (dont je faisais partie) enchainent les nocturnes et le travail le WE pour suivre un rythme de présentation soutenu…pendant que d’autres ont 3 ou 4 prez dans l’année et déconnectent à 17h45… Cela ne semble pas poser de problème au top management malgré les discussions régulières à ce sujet et les explosions en vol (quelques burnouts, de plus en plus rares cela dit).
6°) GO DIGITAL : gros projet Nielsen depuis le début 2017 qui a entrainé une profonde réorganisation. Résultat : un poste de consultant marketing qui avait autrefois la richesse d’être analytique, commercial et de demander une gestion quotidienne des clients va aujourd’hui se scinder en 3 postes mono-tâche une personne sera chargée d’empiler les analyses et les présentations, une autre de répondre aux questions day to day des clients (whaou super valorisant n’est-ce pas ?), et une dernière de l’aspect financier et commercial. A force de vouloir chercher l’efficacité à tout prix en découpant méthodiquement les tâches, ne va-t on pas parodier les Temps Modernes de Chaplin ? Les employés risquent de s’abrutir à exercer la même tâche tous les jours et le cloisonnement imputé peut les couper de toute vision transversale et stratégique indispensable à leur motivation sur le long terme.